17 Solidarité des Anciens de Gatagara

Solidarité, oui. Anciens, oui bien sûr on comprend aussi, mais … Gatagara ? GATAGARA : c’est l’une des mille collines qui forment le Rwanda. A partir de 1960 elle devient : la Colline de l’Espoir, la Colline des Gens Debout, par la force, le courage, la ténacité d’un homme : l’abbé Joseph Fraipont-Ndagijimana. Joseph FRAIPONT : il naît en 1919 à Waremme, il y fait ses études secondaires.

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Vient la guerre. Engagé en 1940, il va traverser la France avec sa compagnie, en vélo, avec armes et bagages ! Rentré au pays, au lieu de reprendre l’imprimerie paternelle, il rentre au séminaire. Après son ordination, il devient enseignant au Collège St Louis de Waremme où, en plus de ses cours, il s’occupe des loisirs des jeunes. Mais, après onze ans, ce monde lui devient trop monotone sans doute, il lui faut plus d’espace, plus de difficultés peut-être?

Le voilà au Rwanda en 1957, professeur au collège du Christ-Roi de Nyanza. De nouveau ce n’est pas assez pour lui. Il met en route une troupe de Xaveri. Au cours de camps avec ceux-ci, il rencontre des handicapés qui se traînent, mendient pour survivre. On lui fait comprendre qu’ils sont rejetés de tous, ce sont des bouches inutiles à nourrir ! De là naît sa vocation d’aide aux déclassés de la Société et, comme il l’a si bien dit lui-même :  » Parce qu’un jour, mes yeux ont croisé les yeux de jeunes délaissés, yeux sans colère, mais si las, si remplis de désespoir, je ne pouvais plus être le même. Il fallait aimer, il fallait agir …« 

Début 1959 il fait faire une enquête dans le sud du pays afin de connaître le nombre de handicapés : 1/7 de la population des moins de 20 ans a un handicap ! Il lance son projet, c’est alors comme un ouragan déchaîné. Des autorités de tutelles, il obtient un immense terrain : la colline de Gatagara. Celle-ci a été partiellement arasée, un projet la destinait à être une piste d’aviation. Des autorités ecclésiastiques, il obtient l’autorisation de commencer son œuvre.

Il remue ciel et terre, va en Europe, récolte de l’argent, trop peu, mais cela ne l’arrête pas pour autant ! En 1960 Padri est sur place. Dès lors, au fil des ans, le Home de la Vierge des Pauvres à Gatagara se construit : pavillons pour les enfants, centre médical, chapelle, dispensaire, ateliers, ferme, menuiserie, ateliers d’appareillage orthopédique, boulangerie, bâtiments administratifs : comptabilité, direction, service social, école primaire …. Mais ce sont surtout les handicapés qui vont peupler et faire vivre le Centre.

Pour cela, il faudra un nombreux personnel : médecin, kinésithérapeutes, infirmiers, monitrices, cuisinière, comptable, le personnel du service social, les ouvriers des différents ateliers : orthopédistes, menuisiers, garagiste, fermiers, soudeurs, électricien, plombier … C’est plus qu’un village c’est une « petite ville » qui est autonome, qu’il faut entretenir et faire vivre. Si au début de l’année 1961, les 14 premiers handicapés sont accueillis, ils sont déjà 80 en 1962, 250 en 1965 et des milliers à l’heure actuelle.

Début des années 70, l’abbé structure son œuvre : d’une part le département Rééducation, c’est à dire les soins médicaux (plâtrage, kinésithérapie, chirurgie …) appareillage orthopédique, éducation scolaire, et si possible, formation à un métier, parfois spécialisé pour les grands handicapés, et d’autre part, le département Réintégration, ce dernier correspondant au premier but du fondateur qui est le RECLASSEMENT DES HANDICAPÉS DANS LA SOCIÉTÉ. D’abord localisé à Gatagara, ce département est transféré à Kigali dans des bâtiments offerts par les Frères de Taizé.

Le temps passe, bien des choses changent, les enfants deviennent des adultes, ils ont un foyer, le plus souvent un métier. Padri, après bien des luttes pour faire vivre, développer ôatagara, trouve une congrégation, les Frères de la Charité de Gand, qui accepte de poursuivre le travail. Le 26 mai 1982, après bim des souffrances, Padri Joseph Fraipont-Ndagijimana s’éteint à Waremme. Il est rapatrié et enterré à Gatagarc. La guerre et le génocide de 1994 a laissé Satagara avec beaucoup de morts, des bâtiments et équipements dévastés. Là aussi, grâce à l’aide internationale, le HVP de ôatagara a pu être assez vite opérationnel, b’autres conflits importants, Congo, Kosovo, Timor, … ont fait que l’aide internationale s’est déplacée, créant un important manque d’argent.

Les besoins étaient d’autant plus important qu’il a fallu aider un nombre croissant de personnes handicapées par faits de génocide et de guerre, suite notamment aux coups de machettes, aux mines. En plus une très grande partie des victimes sont de grands handicapés (nécessitant un ou deux appareils de marche) et restent tributaires de leur appareillage très onéreux. A l’heure actuelle le HVP ne peut plus assumer en même temps que le traitement médical et la rééducation,le suivi de la Réintégration : en effet : le budget annuel est de l’ordre de 600 mille euros!

« SOLIDARITE DES ANCIENS DE GA TA GARA » SAG asbl.

Créée dans le but d’aider à la réintégration les handicapés Anciens de Satagara. L’association est née de la réflexion d’anciens Rwandais ou Européens, handicapés ou non, qui ont été soignés ou ont travaillé à Satagara, résident en Europe. En 1997, le 6 décembre, s’est tenue à La Hulpe près de Bruxelles, une réunion d’Anciens venus de Belgique principalement mais aussi de France, de Suisse, d’Allemagne. Ils ont voulu créer une association de solidaritée pour que se perpétue [Esprit qu’a su donner l’abbé Joseph Fraipont-Ndagijimana en faveur des personnes handicapées au Rwanda, créer un réseau d’amitié des Anciens, soutenir les associations rwandaises qui travaillent en faveur des handicapés. Une commission fut créée, pour mettre sur pied le projet.

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Une Assemblée Constituante s’est tenue le 14 mars 1998, elle a approuvé les statuts, un Conseil d’Administration a été nommé, Solidarité des Anciens de Satagara était née. La personnalité civile (ASBL) a été octroyée à la 5AG par la publication des statuts au Moniteur belge du 21 octobre 1999. Par des cotisations, des dons, l’association peut vivre et financer des projets d’aide aux handicapés du Rwanda. Un trimestriel  » Souviens-toi …  » fait le lien entre les membres et les informe de la vie de l’association. Vous pouvez aider les handicapés en versant un don et/ou en devenant membre actif de la SAS. Le bulletin vous est envoyé dès enregistrement de votre don ou cotisation.

Pour nous aider à aider

 

Publié dans : ||le 15 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

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