Les AFI à Gatagara

AFI – GATAGARA

 

Béatrice, Angèle et Peggy, mars 2000.

 

Gatagara est le nom d’une colline du Rwanda. Ce pays d’Afrique Centrale, de la région des Grands Lacs, a pour frontières l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi et le Congo.

 

Territoire d’une superficie de 26.338 km², il est appelé le « pays des mille collines ». Sa densité de population est la plus forte d’Afrique et son revenu par habitant parmi les plus bas du monde. En 1918, la Société des Nations en remet la tutelle à la Belgique. De là, les liens nombreux entre les deux pays pour son développement surtout après l’indépendance, proclamée en 1961.

 

A cette époque là, il n’y avait encore quasi pas de villages. Les familles sont éparpillées au flan des collines, chacun logeant au centre de sa petite plantation, qui ne dépasse pas un hectare par famille. L’on devine les difficultés que crée cette dispersion pour la scolarisation, les soins de santé, les vaccinations, etc.

 

En 1957, arrive au Rwanda l’Abbé Joseph Fraipont (du diocèse de Liège, Belgique) pour enseigner au collège de Nyanza. Bientôt il découvre la misère des handicapés physiques, principalement des enfants atteints de séquelle de polio. Il obtient de l’évêque une colline avec quatre petites maisons à moitié en ruines et commence là le « Home de la Vierge des Pauvres ».

 

En Europe, il a contacté les AFI et obtenu que Thérèse Similon, docteur en médecine, travaille avec lui à ce projet. D’autres AFI la rejoindront au fur et à mesure pour aider dans les différents services, vu l’extension rapide de cette œuvre : Peggy Siret, Angèle Vandebergh, Denise Vuidar, Bianca Massai et Béatrice Colling.

 

En janvier 1961, arrivent les 14 premiers enfants. En 1962, ils sont déjà 80. En 1965, c’est 180 handicapés dont nous partageons la vie. Je ne m’étendrai pas sur tous les problèmes que cela a posés : constructions, problèmes d’eau potable, d’encadrement des enfants, d’éducation et de scolarité et de financement de l’ensemble.

 

Voici plutôt une vue d’ensemble du travail des AFI :

 

Thérèse SIMILON, pour se préparer à ce travail, avait fait des stages en Belgique dans des centres pour handicapés, tel que les « Petites Abeilles ». C’est elle qui reçoit les demandes d’entrée au Home. Après l’examen médical, elle décide des cas qui seront admis au Centre pour la rééducation. Elle détermine les opérations à effectuer et les prépare par les traitements nécessaires. Ensuite, c’est le plâtrage, la préparation des appareils orthopédiques, puis la rééducation par massages, kinésithérapie, hydrothérapie et gymnastique médicale.

 

Les opérations sont effectuées dans un hôpital proche, soit à Kabgayi ou à Butare. Des médecins spécialistes belges consacrent presque chaque année une partie de leurs vacances pour effectuer ces interventions pour les cas les plus graves, avec toute leur compétence.

  • La préparation minutieuse des dossiers des futurs opérés était un point important du travail de Simi avec le suivi des traitements.
  • Un atelier d’orthopédie est créé, où de jeunes handicapés sont formés au métier d’appareilleur. Dès le début des kinésistes volontaires viendront seconder Simi dans la tâche importante de la rééducation.
  • Pendant plusieurs années, elle a aussi assuré les consultations d’un petit dispensaire ouvert au bénéfice de la population environnante pour les soins courants. Elle supervisait aussi un service nutritionnel pour enfants kwashiorkors, dont le travail était confié aux aînées des filles handicapées.
  • Thérèse travaillera à Gatagara jusqu’en 1974 (je crois). Elle rentre en Belgique pour soigner sa maman malade, puis sa sœur, atteinte d’un cancer, puis elle-même entrera dans la joie du Seigneur le 16 février 1997.

 

Peggy SIRET est arrivée en 1961, partie en 1967. C’est dans un grand hangar que Peggy prend en charge l’animation de l’école artisanale des garçons. Il y aura plusieurs sections, dont certaines reprennent l’enseignement des métiers locaux : poterie, forge… D’autres suivront selon les besoins du Home appareillage, menuiserie, boulangerie, couture. Un technicien européen viendra monter une petite entreprise de fabrication et de montage de radios portables. Constituée en coopérative indépendante, cette entreprise s’installe ensuite dans la capitale, Kigali. Quarante deux handicapés y travailleront et s’inséreront grâce à cela, dans la vie normale. Plus tard, ce sera un atelier de montage de vélomoteurs. Peggy fera le lien pour que chacun puisse réaliser, vendre, commander, apprendre, pour ensuite retourner au village, pour y travailler et y vivre !

  • Un atelier de confection s’est développé de la même manière. Commencée à Gatagara avec huit ouvriers handicapés, la SOCORWA connaîtra une très belle extension ultérieure.
  • C’est ainsi que progressivement les jeunes étaient réinsérés dans leur milieu, C’était émouvant de voir leur fierté et leur joie d’être devenus « quelqu’un », après avoir été si souvent rejetés ou délaissés parce qu’inutiles…

 

Angèle VANDEBERGH part au Rwanda fin 1961, neuf mois avant l’indépendance. L’intention était d’ouvrir une école secondaire pour les filles. Les constructions n’étant pas achevées, elle va faire connaissance avec le pays en remplaçant Bernadette de Halleux qui part pour trois mois en congé et est responsable du Service Social de la Préfecture de Nyanza. Elle apprend le kinyarwanda, visite les ateliers d’artisanat des Sœurs Blanches à Nyundo et s’initie à tout ce qui se fait déjà à travers le pays.

 

L’école commence ensuite avec des monitrices rwandaises qui donnent les cours généraux et pratiques. Angèle voit avec les monitrices la répartition du matériel et les objets à fabriquer. Le but est de permettre aux filles handicapées, une fois appareillées, de rentrer chez elles et d’avoir un apport financier par la vente de cet artisanat qui sera repris par le Centre pour l’écoulement de ces travaux. Nappes, napperons, avec motifs brodés suivant des dessins typiquement rwandais, vannerie, perlage. Souvent très habiles et ayant vu des nattes et paniers confectionnés par leurs mères, elles reproduisent avec plaisir tous ces motifs décoratifs rwandais. Une fois qu’elles sont retournées sur leurs collines, c’est le Service Social qui leur vend la matière première qu’elles ne pourraient pas se procurer elles-mêmes, leur rachète les travaux exécutés, finit le travail (nettoyage, repassage, présentation) qu’elles ne peuvent pas faire chez elles, écoule ces travaux sur le marché.

 

Angèle sera suivie dans ce service par Denise VUIDAR. Celle-ci avait vraiment le don des langues et possédait à fond le kinyarwanda, à la grande joie de tous. Après un an, elle retourne en Belgique pour des raisons personnelles et décédera dans son village de Grupont en mars 78.

 

Bianca MASSAI infirmière, viendra seconder la doctoresse pendant un an avant d’aller ouvrir un dispensaire dans un diocèse voisin.

 

Béatrice COLLING, de 1964 à 1967, s’occupe plus spécialement de la pouponnière, pavillon construit avec l’aide du Canada et du Cardinal Léger. Le Centre ayant reçu de la coopération suisse quelques machines à tricoter portables d’un modèle très simple, Béatrice a commencé avec quelques grandes filles un atelier de tricotage. Elle avait aussi le soin du stock de vêtements et veillait à ce que chaque enfant soit convenablement vêtu.

 

En 1967, l’Abbé décide l’africanisation totale des cadres. Le cœur gros, nous quittons ce travail si attachant sauf Thérèse Similon qui continue encore pendant quelques années.

 

Aujourd’hui, en l’an 2000, nous continuons à recevoir des nouvelles de ce centre qui a rayonné et continue à vivre et a grandit… D’autres handicapés se sont joints à ceux des débuts : des groupes de malentendants, d’aveugles, suivent l’enseignement spécial adapté. Ils deviennent laborantins, kinés…

 

Il faudrait encore bien des pages pour expliquer tous les drames qui ont endeuillé le Rwanda et aussi le Home de la Vierge des Pauvres, mais, grâce à Dieu, une paix relative est à présent garante de tous les espoirs.

 

Notes : AFI. :

Association Fraternelle Internationale ( Féminine, a ses débuts).

Fondée en 1937 par Yvonne Poncelet (1906 – victime d’un accident d’avion 1955).

Cette association a été créée pour : « promouvoir un laïcat chrétien enraciné dans la culture de chaque peuple ».

C’est en 1946 que partiront leurs premières équipes vers l’Afrique (Bukavu et Kolwezi), ce sera ensuite le Proche-Orient, l’Extrême-Orient et l’Amérique du Sud.

A Gatagara il y a eu : le docteur, mademoiselle Thérèse Similon, que nous avons rencontrée tout au long du présent ouvrage. Elle avait travaillée au Vietnam avant d’arriver à Gatagara en 1959 où elle est restée 14 ans.

Et également : Béatrice Colling à la Pouponnière, Bianca Massai comme infirmière, Peggy Siret à l‘EAG, Angèle Vandebergh et Denise Vuidar à l’EAF.

 

Par Roger

Publié dans : SAG | le 5 février, 2010 |Pas de Commentaires »

Abbé Joseph FRAIPONT NDAGIJIMANA

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Le fondateur du premier centre s’occupant des personnes handicapées en Afrique centrale.


Le Home de la Vierge des Pauvres Gatagara (a.s.b.l.)

 

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« Parce qu’un jour, mes yeux ont croisé les yeux de jeunes délaissés,…

Abasangirangendo

yeux sans colère, mais si las, si remplis de désespoir…,

Centre de Gatagara

 

je ne pouvais plus être le même….

 

Padiri Fraipont

IL FALLAIT AGIR, IL FALLAIT AIMER.…. »

 

 

 

Publié dans : HVP Gatagara | le 15 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »
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